Que faire en cas d’abus?

Tout d’abord, il faut avoir conscience que les praticienNEs qui nous refusent des actes médicaux ou des contraceptions sans raisons scientifiques et sans nous expliquer leurs choix ou nous diriger vers d’autres professionnelLEs commettent des fautes professionnelles.

Ayons connaissance de nos droits et confiance en notre ressenti et nos choix.

Vous pouvez consulter ici un guide d’auto-défense verbale féministe, avec quelques conseils dans le cadre de la relation au médecin.

En cas d’acte discriminatoire, par exemple un refus de prise en charge avec CMU ou un refus de pose de DIU sous prétexte que l’on est nullipare, vous pouvez saisir le Défenseur des droits. Le défenseur des droits notifiera le ou la praticienNE de sa faute professionnelle, et un nombre important de signalements pourrait déboucher sur des changements législatifs. Vous pouvez demander des compensations financières ou simplement effectuer un signalement. La démarche est gratuite.

En cas d’actes ou de paroles homophobes, racistes, transphobes, vous pouvez contacter les associations suivantes: SOS Homophobie, SOS racisme ou SOS Transphobie.

En cas de problème lors d’un parcours d’IVG, vous pouvez contacter le Planning familial.

En cas de problème concernant le suivi VIH, vous pouvez contacter ActUp ou AIDES.

En cas de problème d’ordre pénal (viol, attouchements, harcèlement, violences…), vous pouvez porter plainte auprès de la police. N’hésitez pas à vous faire accompagner par des amiEs et aider par les associations d’aide face aux violences (www.infofemmes.com/, http://www.planning-familial.org/) ou face au racisme, à l’homophobie (voire liens ci-dessus).

Si vous avez subi un acte médical sans votre consentement, vous pouvez aussi témoigner ici: http://jenaipasconsenti.tumblr.com/

Se préparer à la consultation

La situation de consultation médicale n’est pas toujours évidente et nous pouvons nous sentir déstabiliséEs, d’autant plus quand il s’agit de gynécologie et de sexualité. Afin de vivre le mieux possible ces situations, nous pouvons nous y préparer:

– Nous pouvons venir accompagnéEs. Le professionnel de santé n’a aucune raison de s’opposer à ce que nous venions accompagnéEs d’ami.e.s ou de membres de notre famille. A plusieurs, nous sommes plus en mesure de nous affirmer et de refuser des actes avec lesquels nous ne sommes pas d’accord.

– Nous pouvons préparer une liste de nos questions et de ce que nous voulons aborder. Eventuellement noter les réponses données. Cela permet de s’assurer d’avoir eu toutes les informations et signifie au soignantE notre participation active à cette consultation.

-Nous pouvons nous renseigner au préalable, sur la contraception, mais aussi sur la sexualité, les IST et les alternatives de soins et poser des questions suite à cette recherche. Nous pouvons également demander au soignantE de se renseigner sur des pratiques et leurs conséquences s’il/elle n’en a pas encore connaissance.

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6 commentaires sur “Que faire en cas d’abus?

  1. merci pour tout

    Lorsque j’avais 18 ans j’ai consulté une gynécologue afin de prendre la pilule. A l’époque le seul chemin qui m’étais connu et donné pour avoir la pilule était le gynécologue.
    Lors de la première consultation, elle ne m’a pas examinée car je n’ avais pas eu de rapport. Pour la deuxième j’ en avais eu ; elle m’a alors dit qu’il fallait que j’ai un examen gynécologique. Lorsque j’ai refusé, elle m’a dit qu’elle ne pourrait pas me prescrire la pilule. On a longtemps parlementé, j’ai fini par accepté un examen des seins à contrecœur. Elle avais alors pris un ton autoritaire et je me sentais stressée. (Je passe la première engueulade car j’avais refusé les vaccin contre le papillonna virus).

    Suite à cet épisode, des douleurs lors des rapports sont survenues. Je faisais de nombreux cauchemars ou je revoyais la scène, je ne me sentais plus propriétaire de mon corps. J’ai alors consulté divers médecins, mais je n’ avais rien. Finalement c’est avec des amants respectueux qu’elles se sont atténuées. Ce que je retiens de tout cela, c’est qu’avant d’aller chez le gynécologue j’étais en bonne santé, j’avais des rapports non douloureux où je prenais du plaisirs, après cela a été 7 ans de souffrances, de rejet de son corps. Pour moi l’amertume ne passeras pas. La confiance est définitivement perdu en ces soignants qui m’ont apportés des douleurs qu’ils n’ont jamais su soigner. Je garde en moi une haine immense à leur encontre.

    La pilule me rappelle toutes ces douleurs dont je ne veux plus entendre parler. Je ne raconte pas les nombreuses fois ou je me plaignais que mes pilules me donnaient des effets secondaires et où l’on refusais de me les changer ( vomissement, seins gonflés), ou au contraire où l’on refusais de me donner celle qui allais.

    J’ai déjà imaginé l’existence d’un site pareil. Merci à vous de faire avancer les choses, de secouer ce joug médical, merci pour la création de cette liste. J’essayerais de la diffuser au maximum.

  2. Bonjour,
    En cas de refus de pratiquer la stérilisation à visée contraceptive, et la non-re-orientation vers un praticien qui accepte de le faire, quels sont les recours envisageables?

    Je vais me mettre en quête de quelqu’un voulant bien me faire cette opération, et j’ai peur d’essuyer des refus en masses, du fait de mon age (22 ans) et du fait que je suis nullipare.

    • Bonjour,
      Je vous conseille tout d’abord de consulter l’annuaire des médecins pratiquant la stérilisation volontaire en respect de la loi, mis en place par Martin Winckler. Ainsi, vous pourrez consulter unE soignantE bienveillantE au sujet de la stérilisation volontaire et respectant a priori votre choix.

      En tous les cas, beaucoup de médecins étant obscurantistes et ne respectant pas la loi de 2001 autorisant toute personne majeure à demander une stérilisation définitive, c’est bien d’aller au rendez-vous préparée, en apportant par exemple une copie du texte de loi et du code de déontologie médicale. Plein de courage!

  3. Sans vouloir décourager qui que ce soit, il faut savoir qu’il est très difficile en cas d’abus de pouvoir obtenir réparation, c’est même le plus souvent impossible, l’administration attend qu’il y ait genre 92 plaintes avant de réagir (et encore). Très peu de procédures, en pratique, aboutissent. Le cas du Dr Hazout, très médiatisé, est une exception. Pour toutes celles qui ont et/ou auront cet immense courage de porter plainte je transmets tous mes encouragements et leur souhaite bonne chance et beaucoup de persévérance. L’Ordre des Médecins, dans plus de 98% des cas, agit selon ses propres intérêts et les médecins se couvrent entre eux. Le corporatisme est de mise dans ce milieu et le type qui déconne sera pratiquement toujours « défendu et soutenu par ses copains ». Il ne faut pas s’attendre à des miracles quand on engage une démarche à l’encontre d’un soignant…Qui dit milieu d’élite…je vous laisse deviner la suite.

  4. Bonsoir je voulais juste relater ce qui m’est arrivé il y a deux ans et dont je n’ai pas osé parler. De graves plaies douloureuses à la vulve me poussent à consulter ma gynécologue habituelle. Elle décrete en m’ayant a peine regardée que j’ai un herpès. A ma question « cela est un virus que j’aurai ma vie entière? », elle me répond « oui, il faudra vous y faire ». Une ordonnance et débrouille toi.
    Le traitement ne donnant rien au bout d’une semaine je vais consulter mon généraliste qui lui m’ausculte attentivement ( après m’avoir demandé si j’en étais d’accord), étonné que ma gynécologue ne m’aie pas prescrit une sérologie pour confirmer son diagnostic. Il me le prescrit. Je fais la prise de sang et c’est négatif : je n’ai pas d’herpès genital!
    Je retourne consulter ma gynécologue un mois plus tard pour ma visite annuelle, je lui signifie son erreur de diagnostic, elle se réfugie derrière un « c’était difficile à voir » puis, lors de mon examen, m’ote mon stérilet sans me demander mon avis. J’avais 52 ans, semblait ménopausée, elle m’a rétorqué que je n’en avais plus besoin. Estomaquée mais ne pouvant rien faire, le mal était fait, je pars dépitée.
    Mais les mois qui ont suivi, j’ai souffert d’affreuses bouffées de chaleur qui m’empêchaient de dormir et me gênaient même dans ma vie professionnelle.
    J’ai reconsulté une autre gynécologue, et c’est le jour et la nuit! Elle est à l’écoute, compétente, douce. M’explique chacun de ces gestes.
    Et, de plus, elle ne me demande pas de totalement me déshabiller à chaque consultation. Ce que faisait mon ancienne gynécologue.
    C’est en ecoutant un documentaire sur france inter que j’ai découvert le terme de maltraitance gynécologique. Je pense en avoir été victime. Et mon médecin était une femme….
    Si quelqu’un souhaite savoir son nom je peux le donner.
    Voilà, aujourd’hui je vais bien. J’en remercie ma nouvelle gynécologue. Mais je me dis qu’il y a deux ans j’aurais pu éviter bien des désagréments.

  5. Je suis allée voir une gyneco dans 15e arrondissement de Paris, car j’avais subi des viols dans le passé et avais mal lors de mes rapports sexuels depuis.
    Je lui explique, elle me dit « ah ça par contre il faut aller voir un psy. »
    Elle m’a fait un examen gynécologique, pour conclure que « c’est dans votre tête, tout va bien, votre organe sexuel est sain. »
    5 minutes montre en main, 80€ la consultation pour pas une once de compassion ou de tact. Je suis ressortie dépitée et vraiment triste.

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